La Journée Alterre

Chaque année, l’agence organise une journée de conférences et tables rondes sur un thème qualifié d’"émergent", à destination d’un large public composé d’une diversité d’acteurs du territoire. Objectif : apporter des clés de compréhension afin d’aborder des sujets généralement complexes avec tout l’éclairage nécessaire à une bonne appréhension des enjeux, et partager des pistes d’actions.

Programmée sur une journée complète, la conférence commence généralement le matin avec des interventions d’experts (philosophe, sociologue, économiste…) permettant de disposer d’une vue d’ensemble du sujet et de prendre de la hauteur en bénéficiant de regards croisés. Elle se poursuit l’après-midi avec des tables rondes ou des ateliers organisés en parallèle, consacrés à des retours d’expériences d’acteurs de terrain.

La Journée Alterre 2021

Les faits sont là, objectivés, têtus et reconnus désormais par une écrasante majorité de Terriens : nos modes de vie, notre économie mondialisée, notre consommation effrénée des ressources naturelles, nos agressions incessantes contre la biodiversité, les milieux, l’environnement ne peuvent plus durer. Notre système est insoutenable pour la planète. Il faut donc changer de logiciel. Mais comment ? Et pour faire quoi d’autre ? La méthode consiste d’abord à identifier précisément les mécanismes qui nous ont conduits dans cette situation intenable de manière à éclairer les acteurs publics et privés. Il faut ensuite, très vite, mettre en œuvre dans nos sociétés de nouvelles façons de vivre, de produire, de consommer. Imaginer un modèle plus respectueux de l’environnement bien sûr, et qui ne porte pas atteinte à nos libertés fondamentales. Trouver un équilibre entre la préservation de la planète et les aspirations des êtres humains. Autrement dit, l’enjeu consiste à penser un nouveau modèle à la fois soutenable, viable, acceptable et même « désirable » si l’on veut qu’il soit adopté par nos semblables, habitués à consommer sans compter et a priori peu enclins à la sobriété, fût-elle « heureuse ». La construction de ce nouveau modèle est au cœur des échanges de la Journée Alterre 2021.

Compte-tenu des conditions sanitaires, le format retenu pour cette journée Alterre est de type plateau TV. Les intervenants, en présentiel ou en visio, ont été filmés. L’événement a été diffusé en direct via YouTube et Facebook, et en replay.

Cette Journée a été financée par la Région, la DREAL et l'ADEME Bourgogne-Franche-Comté, avec la contribution de EDF et Exco-Socodec.

La Journée était animée par Vincent Edin, journaliste indépendant, collaborateur régulier d’Usbek & Rica et de Philonomist.

Au programme de la Journée

9h15-10h45 : Soutenabilités vs insoutenabilité, de quoi parle-t-on ?

  • Introduction : Jean-Patrick Masson, Président d’Alterre ; Stéphanie Modde, Vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté

Le but de cette séquence est de comprendre la notion de « soutenabilité », dans ses différentes acceptions – écologique, économique, social, démocratique – pour mieux dessiner, ensuite, les futurs possibles, autour de deux intervenantes :

  • Apprendre à respecter les limites planétaires

Natacha Gondran, Professeur en évaluation environnementale à Mines Saint-Etienne, co-auteur avec Aurélien Boutaud de « L’empreinte écologique » et « Les limites planétaires » présentera les différents processus biogéochimiques qui menacent l’équilibre de la planète et les limites à ne pas dépasser sauf à générer des conséquences irrémédiables (le « basculement écologique »).

  • Insoutenabilité, limites planétaires et enjeux géopolitiques

Hélène Lavoix, présidente-directrice générale de The Red Team Analysis Society, expliquera les problématiques géopolitiques relatives au dépassement des limites planétaires, de la compétition pour l’accès aux ressources à l’instabilité croissante du monde, sans oublier l’émergence de nouveaux domaines de compétition géopolitique comme elle le montrera avec l’exemple des grands fonds marins.

11h-12h30 : Quelles pistes pour un modèle désirable ?

  • Introduction : Jean-Luc Saublet, directeur régional délégué ADEME Bourgogne-Franche-Comté

Le constat et les enjeux étant posés, quelles pistes se dessinent pour inventer le monde de demain, autour d’un modèle soutenable et désirable ?

  • Décroissance ou barbarie ?

Après avoir rappelé qu’une croissance infinie est un non-sens dans un monde fini, Vincent Liegey, essayiste et conférencier autour de la Décroissance, nous invitera à envisager un monde d’après fondé sur des valeurs différentes de celles qui ont cours aujourd’hui : la relocalisation ouverte, la convivialité ou l’autonomie. Seul un changement de paradigme nous permet de s'émanciper de la société de croissance, fondamentalement insoutenable d'un point de vue environnemental mais, surtout, de plus en plus morbide d'un point de vue humain.

  • L’utopie écologique pour inspirer les transformations nécessaires

Véronique Varlin, directrice associée de L'ObSoCo, Observatoire société et consommation, nous permettra de plonger dans les imaginaires des Français et d'explorer leur adhésion potentielle à trois systèmes utopiques (écologique, sécuritaire, techno-libéral) afin de tenter de dessiner la vision d'un avenir soutenable et désirable.

14h30-16h : Vers un système économique soutenable

  • Introduction : Jean-Pierre Lestoille, directeur de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté

Le basculement de l’humanité vers un modèle soutenable et désirable implique une réforme profonde de notre fonctionnement économique. Mais le monde de l’entreprise peut-il tourner « autrement » ? Et si oui, avec quels outils, sur quels concepts, avec quel moteur ? Deux experts apportent des éléments de réponse.

  • Quelles comptabilités pour un monde soutenable ?

Aurélien Oosterlinck, coordinateur de la Chaire Comptabilité écologique portée par la Fondation AgroParisTech, s’intéresse à la manière dont la comptabilité intègre les enjeux écologiques. Alors que la comptabilité, qui constitue l’outil de pilotage des entreprises, a ignoré cette question jusqu’à présent. Or l’élaboration d’une « comptabilité écologique » est bel et bien une nécessité pour construire un modèle soutenable.

  • La permaentreprise, un modèle viable pour un futur vivable

Sylvain Breuzard, président-fondateur de Norsys, président du Conseil d’administration de Greenpeace, présentera le modèle de la permaentreprise. La permaentreprise bâtit sa raison d’être et son développement sur quatre principes éthiques indissociables : prendre soin des humains, préserver la planète, se fixer des limites, partager équitablement. Elle fait preuve de sobriété dans la consommation des ressources et recherche des solutions en coopération avec les autres parties prenantes. Un modèle de développement exigeant, qui montre la voie.