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Vers de nouveaux indicateurs de développement

Interview de Myriam Cau, pilote du GT sur les indicateurs de DD à l'Association des régions de France (ARF)

septembre 2012

Pourquoi l’ARF a-t-elle entrepris de travailler sur des indicateurs de développement durable ?

En 2008, le président de la République a passé commande d’un rapport* auprès de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social (ou Commission Stiglitz). Ses conclusions remettent en cause l’indicateur de « bien-être économique » qu’est le PIB et soulignent la nécessité d’élaborer de nouveaux indicateurs de richesse. Ce rapport n’ayant pas trouvé de traduction concrète en France, l’ARF s’est emparée de la question, en partenariat avec l’INSEE et des chercheurs du Forum pour d’autres indicateurs de richesse (FAIR). Nous avons travaillé à faire émerger de nouveaux indicateurs permettant le pilotage des politiques publiques afin de répondre aux enjeux locaux de développement durable. Il s’agit de trois indicateurs composites que sont l’indice de développement humain (IDH), l’indice de santé sociale (ISS) et l’empreinte écologique, et de 22 indicateurs de contexte, respectant un équilibre entre les trois piliers du développement durable, dont par exemple la qualité de l’air, le taux de création d’entreprises ou l’engagement associatif.

Quelles plus-values ces indicateurs peuvent-ils apporter dans le cadre des politiques territoriales ?

Le premier intérêt qu’on peut trouver à l’utilisation de ces indicateurs est de faire coexister des réalités économiques avec des réalités sociales et environnementales. On porte alors un regard plus complet et plus lucide sur la situation. Le deuxième intérêt majeur est de pouvoir comparer les régions françaises entre elles sous l’angle de différents indicateurs. C’est ainsi que l’Ile-de-France apparaît en tête de liste en matière de PIB, mais qu’elle passe en 17e position (sur 22) s’agissant de l’ISS, qui prend par exemple en compte dans son calcul l’espérance de vie, la pauvreté et le suicide. La région Bourgogne quant à elle se situait au 11e rang pour le PIB et au 13e rang pour l’ISS en 2008. Les élus pourront s’inspirer de ces nouveaux indicateurs pour adapter leurs politiques publiques et leurs financements en fonction des faiblesses constatées.

Quel avenir pour ces travaux à l’échelle locale comme à l’échelle globale ?

À un niveau micro, éventuellement avec des citoyens dans des démarches telles que les Agenda 21, ce travail permet de remettre en question la notion de richesse et de développement d’un territoire. À un niveau macro, nous poursuivons notre travail afin qu’une convention soit signée avec l’INSEE pour que ces indicateurs soient remis à jour annuellement. Enfin, nous engageons un travail au niveau européen avec l’espoir qu’il serve d’appui à l’adaptation et à l’attribution des aides européennes.

NB : Myriam Cau est également vice-présidente du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais en charge du développement
durable, de la démocratie participative et de l’évaluation et présidente du CERDD.

* Téléchargeable sur www.arf.asso.fr (rubrique commission « développement durable, environnement »)

 

(Extrait de Repères n°60 - Quel regard porter sur le développement durable ?)

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