Imprimer

Affichage détaillé (Ressources)


Vignette

L’agroécologie, une réponse aux enjeux d’alimentation mondiale

Témoignage de Marc Dufumier, agronome, enseignant chercheur à AgroParisTech

octobre 2011

L’agriculture du XXIe siècle fait face à un double défi, alimentaire et environnemental. Le défi alimentaire est de nourrir les 7 à 9 milliards d’habitants, mais aussi et surtout d’assurer un accès pour tous aux ressources alimentaires : d’une part, les pays du Sud souffrent de nos exportations, d’autre part, nos politiques exportatrices ont généré des formes d’agricultures responsables de désordres environnementaux. N’oublions pas le contexte de changement climatique, avec des accidents climatiques qui sont et seront plus fréquents et plus intenses. Les systèmes de production se doivent donc d’être plus résilients.

La réponse est une meilleure utilisation des services rendus par les écosystèmes. C’est ce que j’ai appelé l’agriculture écologiquement intensive : une agriculture dont la technicité réelle, à construire, est d’optimiser le fonctionnement des écosystèmes. Par exemple, capter le plus possible d’énergie solaire en couvrant le sol de végétaux pour la photosynthèse, gérer au mieux les cycles du carbone, de l’azote, de l’eau et des éléments minéraux en cycles courts, reconstituer l’humus des sols et maintenir le taux de matière organique pour favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau, favoriser la fixation de l’azote de l’air par les cultures associées de légumineuses… toutes ces techniques permettant à la biodiversité des sols de se substituer aux intrants chimiques. Les sols ont bien un rôle vivant fondamental. L’agriculture de demain devra permettre de sauvegarder les écosystèmes, outil de base de l’agriculteur, et se garder d’appauvrir les pays du Sud.

 

(Extrait de Repères n° 58 - Les sols : un support vivant, des service multiples)


Filtres

Publication Alterre :

Thème(s) :