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Le projet Hydrogène porté par Dijon Métropole

Témoignage de Jean-Patrick Masson, Vice-président de Dijon Métropole délégué à la transition écologique et aux énergies renouvelables

Interview de septembre 2020, pour Repères n° 81

A chacun son chemin de transition

Des chemins de transitions émergent. Ils s’appuient sur des mesures institutionnelles (réglementaires, fiscales, aides financières), mais aussi sur de nombreuses initiatives collectives dans les territoires. Ces projets peuvent être initiés par les collectivités, mais aussi venir des citoyens et du monde associatif. Ils sont dans tous les cas multipartenaires et requièrent une mise en coopération d’acteurs très divers. Des expériences menées sur les territoires de la région mettent en lumière certaines de ces voies de transition.

Retrouvez ci-dessous le témoignage de Jean-Patrick Masson, Vice-président de Dijon Métropole délégué à la transition écologique et aux énergies renouvelables, qui illustre le chemin de transition : "Innovations technologiques" :

Depuis deux ans, nous travaillons sur l’hydrogène pour sortir de notre addiction aux énergies fossiles. Dijon Métropole va investir plus de 20 millions d’euros pour une flotte de huit bennes à ordures, des véhicules légers, une partie de la flotte de bus, ainsi que la création de deux stations à hydrogène. Nous devons mettre en place deux points de production et initier la consommation pour maîtriser tous les coûts. Le volume et l’exemple de Dijon Métropole entraîneront des réflexions pour que les constructeurs proposent l’hydrogène de façon plus systématique. En partenariat avec une entreprise, un fournisseur d’énergie et notre prestataire mobilité, la collectivité ouvre l’éventail des solutions et montre l’exemple en tant que service public, notamment à travers une mobilité collective. De nouvelles solutions offrent des capacités de faire différemment et, ainsi, améliorer la qualité de vie des habitants du territoire. Le défi consiste à créer une filière. Nous espérons, ensuite, pouvoir l’étendre à ceux qui voudront suivre, entreprises ou particuliers. Le volume réduira le coût. Notre objectif est de produire suffisamment d’hydrogène, uniquement créé à partir d’énergie renouvelable (incinération de déchets, production photovoltaïque...), pour atteindre 10 euros le kilo et un coût de consommation aux 100 km plus faible qu’avec les énergies fossiles. Cette filière aux avantages écologiques s’inscrit dans l’objectif d’être un territoire neutre en 2050.

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La feuille de route régionale hydrogène

La Région Bourgogne-Franche-Comté, labellisée Territoire hydrogène, porte l’ambition d’être un territoire leader du vecteur hydrogène en France. Elle bénéficie pour cela d’une filière hydrogène historique, d’un écosystème robuste (recherche, industrie, formation), d’équipements structurants et de territoires porteurs de projets. Le développement de ce vecteur énergétique s’intègre dans la stratégie régionale visant à faire de la Bourgogne-Franche- Comté une région à énergie positive. Pour soutenir l’essor et la structuration de cette filière, la Région a voté, en 2019, la feuille de route régionale de l’hydrogène pour les dix années à venir. L’objectif est d’accompagner le développement des usages stationnaires et de mobilité de l’hydrogène, et d’investir dans la recherche, la sensibilisation et la formation. Trois projets sont emblématiques de cette feuille de route régionale :

• Le projet Transformation d’un territoire industriel, co-porté par les agglomérations du Pays de Montbéliard et du Grand Belfort : une trentaine d’actions, sur 2020-2028, visent à accompagner les entreprises dans les mutations de l’industrie 4.0*, développer une nouvelle filière industrielle de l’hydrogène énergie et opérer une montée en compétences du territoire, notamment sur le numérique.

• Le projet expérimental HyCAUNAIS, dans l’Yonne, coordonné par l’entreprise Storengy : la technologie power-to-gas permet de valoriser les surplus d’électricité renouvelable sous forme d’hydrogène, en le transformant en méthane de synthèse, stockable et transportable dans les réseaux de gaz existants. La spécificité du projet est le couplage méthanation-méthanisation, une première en France. Le méthane de synthèse est produit à partir du dioxyde de carbone, provenant du centre d’enfouissement des déchets de Saint-Florentin, mélangé à l’hydrogène produit à partir d’électricité éolienne.

• Le projet porté par Dijon Métropole, associée au groupe Rougeot Énergie, lauréat de l’appel à projets Écosystèmes de mobilité hydrogène de l’ADEME.

* Le concept d’industrie 4.0 ou industrie du futur correspond à une nouvelle façon d’organiser les moyens de production. Cette nouvelle industrie s’affirme comme la convergence du monde virtuel, de la conception numérique, de la gestion avec les produits et objets du monde réel.

En savoir plus : « La Région met les gaz sur l'hydrogène


Septembre 2020 - Interview et texte réalisés dans le cadre de Repères n° 81