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Où sont les richesses ? Pour une économie ancrée dans la société et dans la nature

Programme et présentation des intervenants

Description

Aujourd’hui, le terme « richesse » désigne essentiellement l’abondance de revenus monétaires et de biens matériels et correspond, à l’échelle d’un pays, à la production de biens et services qui se vendent sur le marché. Mais une société est également riche d’une forte cohésion sociale, d’un patrimoine naturel, d’un niveau élevé d’éducation et de protection sociale... Or le PIB, qui mesure la richesse économique et sert de référence à la décision politique, ne prend pas ces autres richesses en considération. Il ne tient pas compte non plus des productions qui entraînent la dégradation de l’environnement, de la santé, des liens sociaux... Et si nous portions un autre regard sur la richesse ? Si nous mesurions ce qui compte vraiment comme l’équité sociale, la solidarité intergénérationnelle, le bien-être, la préservation des biens communs ? Autant de questionnements et de pistes de réflexion auxquels Alterre et ses partenaires vous invitent à vous joindre.

Pourquoi devons-nous repenser notre économie et nos modes de vie ?

Philippe Frémeaux, économiste, éditorialiste à Alternatives économiques

Après des études de sciences économiques, de droit public et de science politique, Philippe Frémeaux mène parallèlement une carrière d’enseignant, de consultant et de journaliste. Il a travaillé de 1983 à 1998 au sein du Bipe (Bureau d’informations et de prévisions économiques). Journaliste, il a contribué au quotidien Le Monde de 1979 à 1983, puis au magazine Alternatives Economiques, dont il demeure éditorialiste après en avoir longtemps dirigé la rédaction. Chroniqueur sur les ondes de Radio France, il est également délégué général de l’Idies (www.idies.org) et président de l’Institut Veblen (www.veblen-institute.org).

D’autres indicateurs que le PIB pour mesurer les faces encore « cachées » de la richesse 

Hélène Combe de la Fuente Martinez, titulaire de la Chaire partenariale "développement humain durable & territoires"; déléguée générale de l’Observatoire de la décision publique

"En 1983, je suis partie comme institutrice à Cacao, un village de réfugiés du Laos en forêt guyanaise. J’y ai compris la diversité culturelle, l’interaction, le développement durable, la possibilité de penser un autre système économique". En rentrant en France, Hélène Combe devient maraichère bio, puis se spécialise dans le développement territorial. Cette fille de médecin de montagne a vécu 1000 vies. Aujourd’hui, elle dirige l’observatoire de la décision publique et s’est spécialisée dans le "développement humain durable". Sa mission : Imaginer le changement de société et faire des expérimentations pour voir si ça marche. "J’ai accompagné le retour de l’eau dans le service public à Paris, imaginé de nouveaux indicateurs de richesse pour évaluer ce qui compte vraiment pour nous...". Volubile, Hélène est avant tout une humaniste qui a foi en l’homme : "Je fais confiance à nos forces vives, à l’interaction de nos cultures".

François Letourneux, président de la Commission des aires protégées du comité français pour l'UICN

François Letourneux est Ingénieur agronome, Ingénieur du génie rural des eaux et des forêts. Il a débuté sa carrière dans le Nord-Pas-de-Calais en 1968. Dix ans plus tard, il est directeur de l’Association pour l’espace naturel régional du Nord-Pas-de-Calais (1978-80) puis successivement chargé de mission à la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR), conseiller technique au cabinet de Michel Crépeau puis d’Huguette Bouchardeau (ministres de l’Environnement), directeur de la protection de la nature au ministère de l’Environnement de 1983 à 1992. De 1992 à 2004, il dirige le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Il préside l’Institut français de l’environnement de 1998 à 2001 ; le Comité français pour l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) de 2005 à 2011. Depuis 2011, il est le président de la Commission des Aires protégées de ce comité.

Pierre-Jean Lorens, directeur du développement durable, de la prospective et de l'évaluation au Conseil régional Nord-Pas de Calais

Il a été durant 10 années co-directeur de l’Observatoire régional de l’habitat et de l’aménagement (ORHA) après avoir travaillé comme consultant en politiques urbaines au sein du groupe Caisse des dépôts et consignations. Chercheur associé au Centre d’études et de recherches sur les administrations politiques et sociales (CERAPS) – Lille II de 2003 à 2006 ; membre du Conseil de prospective et de dynamique des territoires de la DATAR de 2004 à 2005 ; membre du Conseil scientifique de la DIACT de 2005 à 2008 ; auteur de nombreux articles concernant l’évaluation et l’avenir des politiques publiques, notamment une récente contribution au rapport piloté par Eloi Laurent sur « l’égalité des territoires », il est également membre des comités d’orientation des revues Futuribles et Pouvoirs locaux et intervient fréquemment dans les formations organisées par l’ENA, l’INET, Sciences Po Lille et Futuribles.

Philippe Frémeaux, économiste, éditorialiste à Alternatives économiques

Tenir compte des équilibres naturels, sources de richesse indispensables à la vie

La biodiversité englobe toutes les formes de vie, les écosystèmes et leurs services indispensables à notre bien-être. Elle constitue donc une richesse commune à tous et un véritable capital naturel sur lequel repose notamment notre économie. Pourtant, malgré la dépendance de nos sociétés vis-à-vis de ce capital, celui-ci continue de se dégrader sous la pression des activités humaines et ce, de plus en plus souvent de manière irréversible ; le capital naturel n’est alors plus en capacité de produire les services qui nous sont indispensables. Pour préserver durablement nos richesses naturelles, il semble donc nécessaire de réconcilier écologie et économie. Quelle est la dépendance de notre économie vis-à-vis du capital naturel ? Peut-on produire des richesses matérielles dans les limites de la capacité du capital naturel de se renouveler ?

Emmanuel Delannoy, directeur de l’Institut INSPIRE - Initiative pour la promotion d’une industrie réconciliée avec l’écologie et la société

Après 15 ans d’expérience dans le secteur des technologies de l’information, Emmanuel Delannoy décide de mettre son expertise en développement durable au service d’institutions, comme le CIRAD ou encore la Banque Mondiale. Membre de la ligue ROC, il participera au Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, il dirige l’institut INSPIRE, qui travaille à la réconciliation de l’économie et de la biosphère.

Christian Béranger, directeur environnement et développement durable de CEMEX France

Titulaire d'un doctorat de géomorphologie littorale, Christian Béranger a été directeur d'un bureau d'études spécialisé dans l'analyse des impacts environnementaux, avant de rejoindre CEMEX en 1990, pour y créer et diriger le service Environnement. Chez ce leader mondial et national des matériaux de construction, il élabore un plan environnement entreprise et organise un réseau de partenariat avec des ONG régionales pour structurer la concertation autour des sites de production qui réunit aujourd'hui deux grandes ONG nationales (LPO et Humanité et biodiversité) et 25 ONG régionales. CEMEX s'est engagé dans le mécénat environnemental pour la protection des espèces et des habitats, en cohérence avec le politique développement durable élaboré sous sa responsabilité en 2007. Christian Béranger préside aussi le groupe de travail Biodiversité du MEDEF ainsi que la Commission environnement de l'Union nationale des industries de carrières et matériaux et à ce titre, participe aux travaux de la Fondation de recherche sur la biodiversité.

A quoi servent les monnaies citoyennes ou alternatives ?

Chaque société accepte sa devise, inconsciemment, comme une évidence. Créée à l’origine pour faciliter les échanges entre les hommes, la monnaie est aujourd’hui associée à un « pouvoir » d’achat et revêt également une fonction spéculative. D’autres systèmes d’échanges existent et se développent, qui ne reposent pas sur la recherche d’enrichissement individuel. Certains favorisent le développement de l’économie locale via des monnaies locales, d’autres reposent sur le troc de produits ou de services. L’enjeu, au-delà de la dimension économique, est de créer de la cohésion et de la solidarité entre les habitants, et d’encourager des comportements de consommation plus respectueux de l’environnement.

Célina Whitaker, co-présidente du réseau FAIR (Forum pour d'Autres Indicateurs de Richesse)

Celina Whitaker est cofondatrice, avec Patrick Viveret, du Collectif Richesses. Elle est également membre du réseau FAIR (Forum pour d’Autres indicateurs de Richesse) et du Conseil d’Administration du Mouvement SOL (Association pour une appropriation citoyenne des monnaies). Elle a été coordinatrice nationale du projet de monnaie complémentaire SOL pendant sa période d’expérimentation (2004/2009). Brésilienne, membre du CEDAL / Banyan (Centre d’Etudes pour le Développement de l’Amérique Latine), elle participe à la dynamique des forums sociaux mondiaux, sur les thématiques de l’économie sociale et solidaire, des biens communs, des monnaies sociales et complémentaires.

Wojtek Kalinowski, journaliste à Alternatives économiques

Sociologue et historien de formation, Wojtek Kalinowski est diplômé de l’Université d’Uppsala en Suède, de l’Université Paris-Sorbonne et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Avant de rejoindre l’institut, il a travaille comme journaliste et responsable web pour le magazine Alternatives Economiques, comme responsable éditorial à l’Institut de recherche sur la gouvernance, et, dans les années 2004-2008, comme délégué général à La République des Idées. Il a participé à la création de la revue La Vie des Idées dont il a été le rédacteur en chef dans les années 2005-2006 et, après le passage en ligne de la revue, membre de la rédaction en chef jusqu’à 2010. Il est aujourd’hui conseiller de la rédaction. D’origine polonaise, il a longtemps vécu en Suède avant de s’installer en France en 1998.

Des indicateurs alternatifs territorialisés au service des enjeux de développement durable

Les indicateurs sont des outils de suivi et d’évaluation qui doivent servir à objectiver les choix de l’action politique. Aujourd’hui, le PIB est l’indicateur économique le plus connu mais il est aussi de plus en plus contesté : non seulement il occulte de nombreuses facettes de notre vie courante mais il n’est pas non plus adapté à l’échelle territoriale locale. Quel est l’intérêt de disposer d’indicateurs locaux ? Sur quoi doivent-ils porter ? Comment les élaborer et les renseigner ?

Hélène Combe de la Fuente Martinez, titulaire de la Chaire partenariale "développement humain durable & territoires"; déléguée générale de l’Observatoire de la décision publique

Christine Edel, chef du service d’action territoriale de la Ville de Mulhouse

En s’engageant depuis 2005 dans un processus de coresponsabilité pour le bien-être de tous suivant la stratégie de cohésion sociale du Conseil de l’Europe, Mulhouse ouvre une voie dans ce sens. Elle est la première ville à l’avoir fait et joue ainsi un rôle pilote pour toute l’Europe. Aujourd’hui, plus de 100 villes ou communes rurales réparties dans 14 pays s’inspirent de l’expérience de Mulhouse, qui continue à être à la tête de ce processus. Elle est ainsi devenue le premier territoire de coresponsabilité d’Europe, c'est-à-dire un territoire dans lequel un processus de concertation se met en route pour élaborer et réaliser de nouvelles formes de coresponsabilisation de l’ensemble des acteurs publics et privés et des citoyens visant à assumer les changements nécessaires à l’assurance du bien-être de tous, y compris des générations futures, et à participer à la construction de la coresponsabilité pour le bien-être de tous au niveau local et global.

Sébastien Keiff, chargé de mission Agenda 21 au Conseil général de la Gironde

Mis en place en 2011 par le Conseil général de la Gironde, dans le cadre du premier rapport de développement durable, l’indice de gouvernance est l’un des 6 indices de développement durable présentés dans « le profil développement durable de la Gironde ». Ayant particulièrement interpellé les acteurs locaux et nationaux, il connaît aujourd'hui une évolution conséquente. Cet indice vise à présenter la situation du département en termes d’engagement des citoyens et des parties prenantes locales en agrégeant à la fois des éléments relatifs à : la démocratie représentative et locale, les instances participatives et les projets territoriaux ainsi que la citoyenneté et les droits civiques, la gestion administrative, le secteur économique et enfin, la mise en capacité des personnes.

 


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