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L'eau et le climat s'affranchissent des frontières administratives

Interview de Jean-Michel Garraut, président de la commission locale de l'eau du SAGE de l'Armançon

octobre 2015

Pourquoi s’appuyer sur la prospective pour traiter des questions de l’eau et du changement climatiques ?

Si les modifications du climat sont déjà perceptibles pour tout un chacun (observation du décalage des dates de vendanges par exemple), cette notion reste néanmoins difficile à appréhender. En particulier sur les questions relatives à l’eau pour lesquelles les conséquences du changement climatique n’entraînent pas des modifications radicales dans notre quotidien.

L’utilisation de l’exercice prospectif permet donc de se positionner dans un futur plus lointain, dans lequel les modifications du cycle de l’eau seraient plus marquées. Ainsi, il est plus facile d’imaginer les conséquences pour notre quotidien et donc d’envisager des actions pour anticiper.

En quoi cela permet-il de s’affranchir des frontières administratives habituelles et amène les territoires à s’ouvrir à des échelles supra-territoriales ?

L’aménagement du territoire se réfléchit aujourd’hui au niveau d’un bassin de vie, la plupart du temps cohérent avec les échelles administratives que sont la commune, l’intercommunalité, le département, la région ou encore l’Etat. La question du cycle de l’eau, quant à elle, se traite à l’échelle d’un bassin versant, l’unité hydrographique cohérente reconnue. L’eau ne connaît pas les frontières administratives. Tout aménagement sur un territoire aura des conséquences hydrologiques pour les territoires situés à l’amont et/ou à l’aval. La gestion de l’eau nécessite donc une prise de recul et l’intégration d’enjeux d’autres territoires, d’autres bassins de vie, ce qui souligne l’importance de s’ouvrir à d’autres méthodes, voire d’autres cultures.

Quel est l’intérêt d’un travail collectif sous une forme prospective ?

Le recours à une méthode prospective dans un cadre collectif amène des acteurs qui ne travaillent pas forcément habituellement ensemble à construire une vision partagée d’un territoire. Pour ce faire, chacun doit faire part de ses enjeux et de ses contraintes et intégrer ceux des autres acteurs. De plus, comme l’exercice prospectif fait appel à l’imagination et la créativité, il est possible de s’affranchir des cadres de réflexion ou de négociation habituels ainsi que des considérations quotidiennes. Cet exercice est riche d’enseignements. Il permet de construire une vision collective et globale afin de déployer un aménagement local cohérent.

 

(Extrait de Repères n°69 Les politiques publiques de développement durable : des outils au service des territoires)

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