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Les valeurs de la nature

Eclairage de Virginie Maris, philosophe, chargée de recherche au CNRS

décembre 2014

Les valeurs de la nature sont multiples et hétérogènes, mais on pourrait les regrouper selon trois catégories :

Premièrement, il y a les valeurs strictement écologiques. Indépendamment des intérêts humains, la biodiversité a une certaine valeur pour le monde naturel dans la mesure où elle est déterminante pour le fonctionnement des écosystèmes, leur résilience, la capacité
d’adaptation des populations animales et végétales et la survie des organismes vivants.

Deuxièmement, il y a des valeurs instrumentales. La nature nous rend des « services ». Nous y prélevons de nombreuses ressources pour se nourrir, se chauffer, se vêtir etc. Nous dépendons également de nombreux processus écologiques comme la pollinisation, la régulation des crues ou le recyclage des gaz à effet de serre. Nous tirons aussi de la nature des bénéfices moins tangibles comme les loisirs ou les découvertes scientifiques.

Enfin, il y a les valeurs culturelles et morales. Le rapport à la nature est structurant dans la façon dont se modèlent les identités et les normes sociales. Ces valeurs varient selon le contexte culturel et dans le temps. Dans le monde occidental, la nature représente un patrimoine commun, elle offre des ressources psychiques, esthétiques et spirituelles essentielles à l’épanouissement et à la constitution même de notre identité. La question se pose également de la valeur morale des êtres vivants, voire de la biodiversité dans son ensemble. C’est une question centrale de la philosophie de l’environnement depuis les années 1970 : « La nature n’a-t-elle de valeur qu’à la mesure des intérêts que l’on en tire ou doit-on également lui attribuer une valeur non-instrumentale, une valeur intrinsèque ? ». Le point de vue que je défends est que nous, êtres humains, partageons la Terre (et la terre) avec une myriade d’êtres vivants qui ne sont pas de simples ressources à notre disposition mais bien davantage, pour paraphraser une formule d’Aldo Leopold, « nos compagnons voyageurs dans la grande Odyssée de l’évolution ».

Virginie Maris

 

(Extrait de Repères n°67 Le capital naturel : bien commun, socle d’un développement soutenable)

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