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Les limites de la quantification économique des valeurs de la nature

Eclairage de Virginie Maris, philosophe, chargée de recherche au CNRS

décembre 2014

La quantification économique ne peut rien nous dire d’autre que la façon dont certaines choses, ou certaines valeurs individuelles et collectives se manifestent dans le champ économique. Pensons par exemple à l’amitié. Il est possible de dresser la liste de tout ce que nous coûte et de tout ce que nous rapporte l’amitié sur le plan économique. L’argent que l’on dépense quand on va boire un verre avec des amis, celui que l’on économise lorsqu’ils nous donnent un coup de main pour rentrer le bois, le prix des communications téléphoniques, etc. Pourtant, on admettra facilement que les résultats d’un tel exercice comptable ne nous diraient pas grand-chose de la valeur que l’on attache à nos amis.

De la même façon, il est possible de quantifier l’impact de la conservation de la nature ou, au contraire, de sa destruction dans le champ économique. Cela peut, de façon plus ou moins fiable, nous donner une idée de la valeur monétaire de certains services écosystémiques et cette information peut ensuite s’avérer utile pour aider à la décision ou pour sensibiliser certains acteurs.

Cependant, de telles informations ne nous renseignent pas sur la valeur de la nature au sens large. Dans un contexte où les discours économiques dominent, il convient de rester très attentif à cette réduction qu’opère l’évaluation monétaire.

Préserver la biodiversité peut être économiquement rentable, ponctuellement, mais cela ne doit pas devenir l’objectif de la conservation. La santé, l’éducation, la justice ou encore la protection de la nature sont des objectifs que nous décidons collectivement de poursuivre pour eux-mêmes.

S’il convient d’être bien informés sur la façon dont se déploie la poursuite de ces objectifs dans la sphère économique, ne serait-ce que par soucis d’efficience, il ne faudrait pas inverser les moyens et les fins, et considérer par exemple que l’école, la sécurité sociale ou les parcs nationaux ont pour objectifs l’augmentation du PIB.

Virginie Maris

 

(Extrait de Repères n°67 Le capital naturel : bien commun, socle d’un développement soutenable)

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